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Vêtements et chaussures : Un marché de 31 milliards de dollars pour l’Afrique subsaharienne

Selon les données du groupe britannique Euromonitor International, le marché combiné des vêtements et des chaussures en Afrique Subsaharienne est estimé à 31 millions de dollars américains.

by Madeleine Maxime Kana

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Selon le Think Thank Euromonitor International, cité dans un rapport de Fashionomics Africa intitulé « Investir dans les industries créatives en Afrique », l’industrie de la mode au niveau mondial devrait doubler de volume au cours des 10 prochaines années, générant ainsi jusqu’à 5 000 milliards de dollars américains par an. Aux États-Unis uniquement, 284 milliards de dollars sont dépensés chaque année dans la vente au détail d’articles de mode par l’achat de 19 milliards de vêtements. Des chiffres qui pour Fashionomics Africa, initiative de la Bvestimentaireanque Africaine de Développement visant à booster les investissements dans le secteur du textile et de la mode, représentent une formidable opportunité pour l’Afrique à différents niveaux de la chaîne de valeur de la conception à la commercialisation, en passant par la production et l’industrie.

La chaîne de valeur de l’industrie textile commence par la production de coton en Afrique, qui représente près de 10 % du coton produit dans le monde.  Et elle se poursuit avec le filage et la torsion de la fibre en fil, le tissage et le tricotage du fil en tissu, et le blanchiment, la teinture et l’impression du tissu pour obtenir de vêtements à la mode portés dans le monde entier. Cibler l’industrie de la mode signifie cibler l’ensemble de la chaîne de valeur, des exploitants agricoles jusqu’aux créateurs de mode.

L’industrie du textile et de l’habillement continue d’offrir des avantages malgré la pandémie de Covid 19, qui a affecté ladite industrie entre 2020 et 2021. A titre illustratif, d’après l’agence Reuters, au Mali, le tarif du kilogramme de coton est descendu à 200 FCFA en 2020, contre 275 FCFA un an plus tôt. Toujours dans le même pays, la production de coton quant à elle s’est située à 176 200 tonnes de coton en 2020 contre 700 000 tonnes en 2019. Motiver et apporter des changements à certaines des populations les plus défavorisées, en particulier les femmes et les jeunes, tout en faisant progresser la transformation structurelle, sont quelques-uns des objectifs poursuivis par les opérateurs du secteur de la mode en Afrique.

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A l’échelle mondiale, ce secteur représente 2 400 milliards d’euros d’activité et emploie environ 75 millions de personnes. En Afrique par contre, la BAD s’est donnée pour mission d’investir dans des domaines qui pourraient créer jusqu’à 25 millions d’emplois dans l’industrie de la mode au cours de la prochaine décennie.

Intégration régionale

Les industries du textile, de l’habillement et des accessoires ont des chaînes de valeur axées sur l’acheteur. Celles –ci sont caractérisées par la production de composants et l’assemblage en produits finis effectués par des réseaux inter-entreprises à l’échelle mondiale ; les réseaux de production décentralisés et répartis dans le monde entier, coordonnés par des entreprises leaders qui contrôlent les activités sources de valeur ajoutée aux produits (stylisme, valorisation de la marque) ; la production de vêtements sous-traitée et à forte intensité de main-d’œuvre qui comporte de faibles coûts fixes et de démarrage et ne nécessite qu’une technologie simple, ce qui encourage la délocalisation vers les pays en développement à faibles coûts de main d’œuvre ; le contrôle significatif des acheteurs sur les fabricants par un cahier des charges détaillé concernant le produit et la production.

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Par ailleurs, la mode offre aux pays africains des opportunités de participation à l’intégration régionale et mondiale. Avec Fashionomics par exemple, la BAD devient le chef de file de la promotion des investissements dans le secteur de la mode, en élargissant l’accès au financement pour les entrepreneurs et facilitant l’incubation et l’accélération de start-ups du domaine.

Obstacles

En dépit des opportunités, le milieu de l’industrie de la mode connait des difficultés. D’abord, le niveau des exportations est bas comparé aux autres pays leaders du textile dans le monde. Ceci s’explique par le fait que les dix plus gros exportateurs africains du secteur textile-habillement (Lesotho, Ethiopie, Malawi, Ghana, Maurice, Zambie, Madagascar, Swaziland, Botswana, Kenya), ne représentent que 0,55 % de la production textile mondiale, avec des revenus d’exportations évalués en 2016 à environ 2531,5 milliards de dollars américains par le Cabinet McKinsey.

De plus, la plupart de ces pays manquent d’usines de production textile car celles-ci nécessitent davantage d’investissements. «Si l’Afrique produit 10% du coton mondial, «nous avons peu d’usines textiles», reconnaissait Geraldine Fraser Moleketi, envoyée spéciale de la BAD sur les questions de genre. Les producteurs et stylistes à petite échelle ne peuvent pas accéder à la production industrielle, à la fabrication sur mesure et à l’organisation de la distribution. La pénurie de compétences et le manque de moyens de formation spécifiques au secteur devraient induire la création d’établissements spécialisés dans le secteur. L’accès limité au financement pour les entrepreneurs et les PME; le nombre limité de fournisseurs d’intrants locaux et régionaux et d’entreprises exportatrices ; l’adaptation à l’évolution des exigences des marchés finaux (saisonnalité, coûts, qualité, volume, livraisons, styles, délais), d’où l’importance des compétences et de la flexibilité; le manque de soutien institutionnel et gouvernemental envers le secteur dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne ; la nécessité de développer les exportations et les marchés intra-africains à travers la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (Zleca) et les questions de réglementation (droits de douane) et les mauvaises infrastructures en eau, déchets, énergie, ports, routes, douane ; etc, sont autant de handicaps qui freinent la croissance de cette industrie.

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