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Sylvain Honnang : « Le projet Howash est un vivier de création d’emplois au Cameroun »

Entrepreneur camerounais de la Diaspora et ingénieur autodidacte, Sylvain Honnang est le promoteur de l’initiative Howash, et le CEO de l’entreprise Howash Sarlu, basée à Yaoundé. Originaire de Bana dans la région de l’Ouest, département du Haut-Nkam, Sylvain Honnang a été le premier Africain agent de joueurs Fifa en Angleterre. Il présente la plus value de la solution que développe son entreprise.

by Madeleine Maxime Kana

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emplois au Cameroun
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Qu’est-ce que « Howash » ?

Howash est le nom que nous avons donné à nos produits et en même temps à notre structure Howash Salur. Howash c’est une entreprise internationale dont le siège social est basé à Londres. Nous avons préféré que les noms de nos produits soient les mêmes que ceux de cette entreprise. Howash est aussi un nom camerounais, diminutif de notre nom, Honnang qui veut dire: “Honnang lave”.

Comment fonctionne Howash ?

Je vous explique. Aujourd’hui par exemple au Cameroun, pour ouvrir un “Car Wash ou laverie automobile”, vous n’avez plus besoin d’acheter un grand espace comme ça se fait dans les laveries conventionnelles. Aller prendre l’abonnement pour et payer  l’électricité, acheter les appareils de réserve d’eau comme nous avons l’habitude de le faire. Avec Howash nous répondons à ce besoin, c’est à dire, nous avons transformé la laverie conventionnelle en kit moderne. Donc, nous avons pallié aux problèmes de coupure d’eau et d’électricité. Par rapport à l’usage l’eau, nous n’utilisons que 6 litres d’eau pour laver un véhicule. Au Cameroun, pour nettoyer un véhicule, dans les laveries traditionnelles, on utilise en moyenne 70 litres d’eau/véhicule. Dans un pays où on meurt encore de choléra à cause du manque d’eau potable, il y a une urgence à préserver l’eau qui est un problème mondial, si je ne m’abuse. Pour nos machines, l’autonomie est continuelle. Elles sont alimentées par des panneaux solaires et nous avons un réservoir de 50 litres dans le modèle Howash Small. Ces 50 litres peuvent laver jusqu’à 10 voitures et un réservoir de 15 litres qui peut recueillir l’eau sale après lavage. Concernant nos produits, la différence avec le détergent est que quand vous utilisez nos shampoings ou quand vous les aspergez sur le véhicule, le shampoing va décaper la saleté de la peinture, la ramollir, la transformer  en molécule, et une fois que vous passez une couche de serviette (microfibre), elle ramasse tout ce qui est saleté et eau, déjà en liquide. Une fois que la serviette est assez humide, vous essorez dans la machine.

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Vous résolvez aussi la question de mobilité…

Tout à fait. Nous avons trois modèles de lavage de machine auto sur le marché à savoir, Howash Plus, Howash Sosmall et Howash Bike. S’agissant de Howash Bike, elle peut s’adapter à la moto. C’est à dire, vous achetez votre kit Howash Bike, avec votre vélo, vous faites le tour de la ville pour rendre vos services. L’avantage de ce modèle est que, quand vous l’achetez dès les heures qui suivent, vous pouvez déjà commencer à rentabiliser votre investissement.

Quel est l’impact de cette initiative au plan social, notamment en matière de création d’emplois au cameroun ?

Le 27 mars 2021, nous avons signé une convention avec l’Etat du Cameroun, dans la création d’emplois-jeunes. Un kit acheté, crée 3 à 4 emplois. Parce que quand quelqu’un achète le kit, ça l’emploie lui-même, si c’est lui qui l’utilisera.  L’outil peut permettre de développer un service technique, qui, en cas de panne, au lieu d’aller dans les garages, remédie directement au problème dans les temps. Il y a aussi la création d’un service commercial, pour la commercialisation des produits vers les consommateurs. Howash apparaît alors comme un vivier de création d’emplois, que nous avons développé. Donc nous sommes fiers de dire que nous contribuons à la création d’emplois dans notre pays. Nous permettons aux jeunes, de pouvoir lancer leurs projets dans le domaine, via le plan triennal jeune mis sur pied en 2018 par le chef de l’Etat du Cameroun et sous le haut patronage du ministère de la jeunesse. Grace à cette convention les jeunes vont recevoir des kits que l’Etat va acquérir auprès de Howash gratuitement. Il faut bien le dire, seuls les jeunes qui seront sélectionnés les recevront. Les jeunes doivent donc bien se renseigner auprès des ministères en partenariat avec Howash, comme le ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique.

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Vos solutions sont-elles rentables pour vos clients ?

Prenons le modèle Howash Sosmall Normal, qui coûte près de 950 000 FCFA.  Pour un jeune qui l’achète à ce prix et qui encaisse seulement 10 000 FCFA/jour, en 26 jours d’activité, avec un jour de repos la semaine, ses recettes seront de 260 000 le mois. Sur 4 mois avec 260 000, il aura un retour sur investissement. Tout ce qui sera fait après ne sera que du bénéfice. Et nous le savons bien, tous les entrepreneurs et les hommes d’affaire le savent, rares sont les affaires où vous investissez votre argent et qu’au bout de quatre mois, vous avez déjà un retour sur investissement. Pour rappel, les machines Howash ont une durée de vie située entre 8 et 10 ans. Donc vraiment, c’est une bonne affaire pour les jeunes entrepreneurs.

Comment financez-vous votre activité ?

A ce jour, Howash évolue avec un financement de fonds propres. Nous espérons que le partenariat signé avec l’Etat du Cameroun permettra aux banques de croire en nous, et nous donner la possibilité de contracter des crédits auprès d’eux. Ces prêts qui serviront à faire grandir notre projet. En Afrique, c’est très compliqué d’avoir la confiance des banques quand vous avez un projet jeune comme le nôtre. C’est l’une des difficultés que nous vivons au quotidien. Car, on nous demande des garanties, des titres fonciers et autres. Nous espérons que l’Etat du Cameroun qui nous a fait confiance sera un facilitateur du projet et fera comprendre aux banques qu’elles peuvent nous faire confiance et que nous sommes capables de rembourser nos dettes.

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Quelles sont les perspectives à court, à moyen et à long terme ?

Nous projetons d’installer une usine à Douala, pour pouvoir faire de Howash, une solution Made in Cameroon. Cette usine devrait être la filiale camerounaise de Howash Londres, la société mère, ayant actuellement un chiffre d’affaires annuel de 150 000 livres sterling. Comme nous disions tantôt, Howash est une multitude de gammes de produits d’entretien de véhicules, c’est une société innovatrice. Nous faisons des recherches sur tout ce qui peut faciliter le quotidien des hommes. Nous ambitionnons d’ici la fin de l’année, commencer à construire notre joyau architectural de Douala, afin que l’entreprise soit opérationnelle en 2022.

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