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Reprise Post-Covid : l’Afrique est… «bien partie» selon l’AFD

Dans un rapport à paraître, l’agence française de Développement passe en revue les atouts économiques du continent africain.

by Serge D. Bontsebe

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Dans un rapport à paraître, l’agence française de Développement passe en revue les atouts économiques du continent africain.

Pour la deuxième année consécutive, l’Agence française de Développement (AFD), qui à travers Proparco, sa filiale dédiée au secteur privé, est l’un des grands investisseurs en Afrique, publie ses prospectives économiques au sujet de l’Afrique.

Selon ces perspectives déjà disponibles, les indicateurs économiques du continent «sont au vert». Après avoir fait mentir les cassandres qui lui promettaient un chaos sanitaire et humanitaire du fait de la Covid-19, l’Afrique pourrait bien surprendre encore par sa résilience économique. Après tout, comme le fait remarquer Rémy Rioux, le directeur général de l’AFD, ce ne serait pas la première fois. « frappé d’une présomption de fragilité », le continent a déjà fait « la preuve de sa résilience » fait-il observer en introduction de L’Économie africaine 2021 (éditions La Découverte, collection Repères).

A preuve, le recul de l’activité (-2,6%) induit par la Covid-19, certes en contradiction avec la croissance observée au cours des dernières années sur le continent, y est beaucoup moins prononcé qu’à l’échelle mondiale (-4,4%).
Il est risqué de parler de l’Afrique comme d’une réalité indifférenciée, tant les disparités culturelles et économiques sont nombreuses et prégnantes. Mais, selon les prévisionnistes de l’AFD, quelques tendances lourdes sont à l’œuvre pour rapprocher les économies du continent: foisonnement du petit entrepreneuriat, informalité massive du travail, explosion démographique de la jeunesse, importance du secteur agricole.

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S’agissant du secteur agricole, l’AFD fait remarquer qu’aucun autre continent n’emploie autant d’êtres humains dans ce secteur. L’Afrique subsaharienne y aurait installé 54 % de sa population. «Là encore, écrit le rapport, il serait tentant de croire que la croissance devrait passer par un basculement vers un monde de services et d’industrie. Or, plusieurs études démontrent le contraire, chiffres à l’appui : en substance, pour réduire la pauvreté, la croissance de l’agriculture serait trois fois plus efficace que la croissance de l’industrie».

Au sujet de l’explosion démographique, le rapport de l’AFD annonce qu’en 2070, un jeune sur deux dans le monde sera africain. Il faudra donc fournir beaucoup plus d’emplois à ces jeunes qui seront beaucoup plus éduqués qu’hier. «Prenons par exemple la proportion de la population en âge d’aller au primaire : elle a crû de 59 % à 79 % ces dernières années – notamment grâce aux investissements réalisés dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et de l’Éducation pour tous (EPT)», précise l’AFD.

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«C’est justement cet ensemble de singularités qui permet aujourd’hui à l’Afrique, que de nombreux observateurs estimaient si « mal partie » à la fin du XXe siècle, d’entrevoir un avenir optimiste. Et ce, précisément à l’heure où la planète fait face à la plus grande crise sanitaire et économique que le monde moderne ait eu à subir», écrit l’Agence Française de Développement.

Mais il va falloir, selon l’AFD, que les dirigeants africains apportent les bonnes solutions aux questions qui se posent au continent à l’heure actuelle. «Pour développer le secteur privé, faut-il dépasser les seules réformes de l’environnement des affaires ? Comment répondre aux aspirations d’une population particulièrement jeune arrivant sur le marché du travail ? Alors qu’il est le premier pourvoyeur d’emplois dans la région, comment le secteur agricole en Afrique de l’Ouest doit-il se réinventer pour concilier deux objectifs fondamentaux : obtenir de meilleurs rendements et préserver la biodiversité et l’environnement ? Enfin, à l’heure où l’Eco succède au franc CFA, quel choix pour les régimes de change : vers plus ou moins de flexibilité, au risque de malmener la stabilité monétaire si prisée par les banques centrales ?», s’interrogent en effet les rédacteurs du rapport de l’AFD.

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D’où le rôle important que les Etats africains sont appelés à jouer, dans la relance des économies du continent : politique monétaire (les Etats africains suivront-ils la tendance mondiale à la flexibilisation de leurs politiques de change ?) ; structuration des économies par des cadres normatifs adaptés et des équipements collectifs et infrastructures densifiés…les chantiers ne manquent pas pour les décideurs publics…

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