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Post-Covid : l’Union africaine et l’OCDE misent sur le numérique pour relancer l’économie africaine

«Dynamiques du développement en Afrique 2021 : transformation digitale et qualité de l’emploi». C’est ainsi que la Commission de l’Union africaine (UA) et le Centre de Développement de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE)

by Serge D. Bontsebe

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Les deux organisations internationales ont décidé de consacrer la dernière édition de leur rapport commun sur les politiques de développement en Afrique, à examiner les enjeux, les défis, les opportunités et les perspectives de la transformation digitale en Afrique.

«Dynamiques du développement en Afrique 2021 : transformation digitale et qualité de l’emploi».

C’est ainsi que la Commission de l’Union africaine (UA) et le Centre de Développement de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) ont choisi de valoriser la dernière édition de leur rapport annuel conjoint sur les politiques de développement en Afrique. Pressés par les opinions publiques, les créateurs de richesses, les décideurs publics, les milieux scientifiques…de se prononcer sur les pistes de reprise économique post-Covid en Afrique, les deux institutions internationales ont donc donné leur réponse .

le premier levier qu’il faut actionner pour faire redémarrer les réacteurs de l’économie africaine, c’est la transformation digitale. Le rapport insiste certes, et plusieurs fois, sur le vif intérêt que la région a à mettre en œuvre la zone de libre échange continentale entrée en vigueur le 1er janvier 2021. Mais c’est sur la transformation numérique du continent que les auteurs du rapport parient plus pour la relance économique Post-Covid du continent. «La crise liée au COVID‑19 renforce l’importance de la digitalisation en tant que moyen d’accélérer la transformation productive de l’Afrique et de réaliser la vision de l’Union africaine pour le développement du continent, formalisée dans l’Agenda 2063», résume le rapport, qui poursuit : «la transformation digitale touche aujourd’hui presque tous les secteurs économiques, à commencer par la santé où elle s’est accélérée en raison de la pandémie de COVID‑19».

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A la vérité, plusieurs pays africains avaient déjà résolument entamé leur mue digitale bien avant la Covid-19. Les investissements en matière de numérique sur le continent étaient déjà bien notables. «Les infrastructures de communication se sont régulièrement développées, et les perspectives de mise en œuvre de nouveaux projets demeurent robustes. En 2018, le financement des infrastructures numériques s’est élevé à 7 milliards USD, dont 80 % avaient pour origine des investisseurs privés (ICA, 2018)», écrivent l’Union africaine et l’OCDE. Avant de poursuivre, énumératifs : «La capacité totale de la bande passante entrante internationale au sein du continent a été multipliée par plus de 50 en seulement dix ans pour atteindre 15.1 téraoctets par seconde (To/s) en décembre 2019, contre seulement 0.3 To/s en 2009 (Hamilton Research, 2020). Le réseau de fibre optique opérationnel est passé de 278 056 kilomètres (km) en 2009 à 1.02 million de km en juin 2019».

Chine

Mais c’est la pandémie qui a rendu le phénomène massif, et sans doute irréversible. Dans son «Africa CEOs Survey-2020», enquête d’opinion qu’il réalise depuis deux ans auprès des dirigeants africains, le Cabinet international Deloitte note que «après avoir joué un rôle critique dans l’atténuation des effets de la crise, le digital, et plus largement tous les sujets liés à l’innovation deviennent des enjeux critiques pour les secteurs publics et privés en Afrique».

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«Les entreprises /organisations qui ont le mieux résisté sont celles qui avaient déjà un niveau élevé de maturité digitale, renforçant l’écart avec les entreprises les moins bien préparées. Le renforcement de l’innovation sera ainsi le changement structurel le plus perceptible post crise Covid-19 à la fois au niveau des acteurs du privé, à qui elle a permis d’assurer la continuité des opérations (télétravail, e-commerce, etc.), qu’au niveau des administrations publiques, qui n’ont eu d’autre choix que de moderniser (dématérialiser) les démarches afin de fluidifier les opérations. 98% des dirigeants estiment que la crise Covid-19 va accélérer la digitalisation», constate encore le rapport de Deloitte.

L’ayant donc mobilisé comme stratégie de survie au plus fort de la crise, et en ayant mesuré les promesses et l’efficacité, le secteur privé (et même le secteur public) va désormais s’imposer le numérique comme facteur clé de sa compétitivité. L’UA et l’OCDE appellent donc les Etats africains, à mettre en place des politiques publiques fortes pour impulser cette transformation : promotion de la dissémination des innovations numériques au‑delà des grandes villes, au moyen de politiques territoriales pour garantir un accès universel aux technologies numériques ; préparation de la main d’œuvre africaine à la transformation digitale ; levée des obstacles à l’innovation qui empêchent les petites entreprises de soutenir la concurrence à l’ère du numérique ; renforcement de la coopération à l’échelle régionale et continentale en faveur de la transformation digitale.

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Mais il faudra aussi pouvoir compter sur des partenaires internationaux, notamment en matière de financement des investissements. La Chine par exemple, qui a été contrainte par la Covid-19 à procéder à un freinage en urgence dans la mise en œuvre de son projet «One Belt, One road» pourrait trouver là, une bonne occasion d’accroître ses investissements en Afrique. Moins coûteux et moins risqués que l’investissement dans les infrastructures physiques, les infrastructures et équipements numériques pourraient donner à Pékin l’occasion de garder une présence active sur le continent. Avant la Covid-19 déjà, le Chinois Huawei développait par exemple des villes intelligentes dans plusieurs pays africains comme le Nigeria et l’Afrique du Sud.

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