>
Home Pays Le gouvernement inaugure sa centrale de production électrique de 300 MW à hauteur de 393 millions de dollars

Le gouvernement inaugure sa centrale de production électrique de 300 MW à hauteur de 393 millions de dollars

Le financement public de ce projet est porté par les investisseurs du secteur privé sénégalais à travers le consortium West African Energy (WAE) à une valeur de 393 millions de dollars. La cérémonie de pose de la première pierre de la centrale a lieu ce mercredi, 31 mars 2021, à partir de 15h au Cap des Biches, à Dakar, Sénégal, a indiqué la Senelec sur sa page facebook officielle.

by Madeleine Maxime Kana

Le gouvernement inaugure sa centrale de production électrique de 300 MW à hauteur de 393 millions de dollars Crédit Photo LeQuotidien.sn
Partager ce contenu

Selon le Président sénégalais, Macky Sall, « le Sénégal devrait abriter en janvier 2023, l’une des « plus grandes centrales électriques du pays et d’Afrique de l’Ouest. D’un cout global estimé à 220 milliards de FCFA, soit 393 millions de dollars. Ce projet sera détenu à 85% par des privés nationaux et à 15% par le Société Nationale d’Electricité (Senelec) du Sénégal ». Ce projet entre dans le cadre de la relance économique nationale post-covid et sera livré dans 28 mois.

La construction de cette usine thermique avait été annoncée depuis 2013. Cette infrastructure avait prévu être installée dans la ville de Mboro, située au Nord-Ouest du Sénégal, fonctionnant au Charbon et au gaz.  Un accord entre le gouvernement sénégalais et le WAE avait été signé. La mise en service de cette infrastructure était prévue pour 2016. Mais pour des raisons de litiges fonciers et de manque de finances rencontrées par les industries chimiques du Sénégal, auxquelles était lié la Senelec, l’initiative n’a pas pris corps. Aujourd’hui, ’évènement de pose de la première de cette infrastructure verra la présence du président Macky Sall ; de la Ministre du pétrole et des énergies, Sophie Gladima ; du Directeur Général de la Senelec, Papa Demba Biteye, du Directeur Général de West African Energy, Samuel Ameth Sarr et de tous ses partenaires (Carlik Energy, Genral Electric, Coris Bank International).

A LIRE :  Reprise Post-Covid : la production manufacturière mondiale reste solide malgré un léger recul en janvier 2021

Le Sénégal, grâce à ce projet, entend réduire les couts de la production de Gaz de la Senelec à 40%. Le pays vise également créer 50. 000 emplois directs dès le lancement des travaux. Plus encore, le Sénégal projette transiter vers un mix énergétique consacrant une part essentielle à l’utilisation du gaz comme combustible de bas. « La relance du plan intégré d’électricité passe, entre autres, par la diversification des sources de production de l’électricité pour rééquilibrer le mix énergétique avec le choix de développer la production basée sur le charbon, le gaz, l’hydroélectrique, le solaire et l’éolien », affirme le Bureau Opérationnel de suivi du Plan Sénégal Emergent (PSE). En 2020, d’après le Bureau Opérationnel de suivi du Plan Sénégal Emergent (BOS-PSE), Sénélec a produit 200MW d’électricité. L’accès rapide à l’électrification rurale pour tous est projeté à 75% en 2022.

Au Sénégal, le secteur de l’énergie constitue un soutien majeur au développement économique, à la réduction des inégalités sociales et territoriales. Le PSE place le secteur de l’Energie parmi les « fondements de l’Emergence », visant à garantir un accès large et fiable à une énergie à bon marché à l’horizon 2035. Ce programme adopté en 2018, vise notamment l’amélioration de la fourniture d’électricité et l’allègement des courts de production. L’année dernière, des découvertes ont été faites dans le bassin sédimentaire sénégalais plaçant les pays dans la perspective d’exporter des produits pétroliers. Actuellement, 17 blocs de pétrole et de gaz sont alloués, soient 09 blocs en offshore et 08 blocs en onshore. Le forage et l’exploitation d’environ 156 puis ont commencé. Les réserves de gaz disponibles placent le Sénégal au 7ème rang mondial (source PSE)

A LIRE :  Germain Salla : « L’Afrique doit former les jeunes pour sa propre économie »

Le mix énergétique au Sénégal aura des impacts positifs d’ici à 2025. Le gaz permettra la mise en œuvre de la stratégie « gas-to-power ». Ce gaz renforcera la création de nouvelles capacités de production fonctionnant au gaz dès 2022-2023. Grace aux réserves locales, le gaz naturel local pourra constituer la seule source d’énergie fossile en remplacement du fioul lourd, du gazoil et du charbon en 2024. Le Pays a pour ambition de faire passer la puissance installée (1 500 MW en 2018) à 2157 MW en 2024. Les impacts positifs seront la disponibilité d’une énergie compétitive et peu polluante ainsi qu’un accès universel à l’électricité dès 2025.

En rappel, sur la base des projets installés et en cours, la part des énergies renouvelables dans la capacité totale de la production d’électricité en 2015 est passée de 10% d’hydraulique, 0,4% de solaire photovoltaïque et 0% d’éolienne à 13% d’hydraulique, 13% de solaire photovoltaïque, et 8% d’éolienne en 2020, atteignant 600 MW d’énergie renouvelable. In fine, « l’approvisionnement énergétique du Sénégal, à l’exclusion de la biomasse, est fortement tributaire des importations de combustibles fossiles, même si le pays aura probablement porté à 30%, d’ici 2025, la part des énergies renouvelables sans son mix énergétique. Il convient de noter que des investissements importants sont en cours dans les infrastructures (énergies, installations de gestion de déchets, transport, bâtiments. Ces investissements représentent une opportunité majeure, majeure pour un pays en développement comme le Sénégal, d’effectuer un saut énergétique vers des solutions de dernière génération plus efficaces et durables énergétiquement », révèle le rapport sur l’analyse de la politique d’efficacité énergétique de Sénégal : barrières et perspectives, de l’Université Paris-Dauphine.

RECOMMANDES POUR VOUS