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Investissement : la BAD approuve 51, 5 milliards de dollars pour relever les économies du Sahel

Ces ressources sont destinées au financement des investissements dans les secteurs de l’agriculture, de l’infrastructure et de l’énergie électrique. Elles viennent s’ajouter à celles d’autres institutions financières internationales comme la Banque mondiale.

by Madeleine Maxime Kana

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La Banque africaine de Développement (BAD), vient de décider d’accorder 51,5 milliards de dollars de financements aux 11 pays du Sahel (Sénégal, Mauritanie, Ethiopie, Mali, Burkina Faso, Tchad, Cameroun, Niger, Nigéria, Gambie, Guinée). Ces ressources sont destinées à financer la réalisation de projets d’investissement dans trois domaines clés : les infrastructures, l’agriculture et l’énergie électrique. Pour une cible de création d’emplois pondérée à 10 millions.

Dans le domaine des infrastructures, les ressources de la BAD seront essentiellement affectées à la réalisation du projet de la Grande Muraille Verte. Ce projet est une initiative de 5 pays du G5 Sahel à savoir : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Tchad, le Sénégal. Le projet qui a été pensé en 2007 a pour objectif de lutter contre la désertification et vise à accroître les richesses du Sahel. La Grande Muraille Verte devrait s’étendre sur 7 000 km, de Dakar à Djibouti.

S’il tarde à être achevé, le projet avance tout de même. Selon le rapport d’étape des Nations Unies de septembre 2020 intitulé : la Grande Muraille Verte, état de mise en œuvre et perspectives à l’horizon 2030, ce projet a jusqu’à nos jours permis de restaurer 20 millions d’hectares de terres dégradées sur 100 millions. 4% de la zone d’intervention délimitée spécifiquement pour la GMV (Sénégal, Ethiopie) a été aménagée. 16 % des autres aménagements proviennent quant à eux d’autres régions restaurées dans les pays membres (Mali, Mauritanie, Burkina Faso). Enfin, ces 20 millions d’hectares rétablis ont généré 120. 000 d’emplois dans le domaine agricole.

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Grande Muraille Verte

La BAD entend investir 6,5 milliards dollars dans le projet de la Grande Muraille Verte à travers cinq programmes. Les deux premiers portent sur la construction de la Grande Muraille Verte en relation avec l’énergie. Le premier programme dénommé Desert to Power, vise à produire 10 gigawatts d’énergie solaire et à fournir ainsi de l’électricité à 250 millions de personnes dans les onze pays du Sahel, et permettra de générer par effet de levier 20 milliards de dollars dans plusieurs secteurs d’activités. Le second programme pour sa part, est intitulé le Programme d’accélération de l’adaptation en Afrique. Il vise pour les gouvernements des pays du Sahel, à intensifier les mesures d’adaptation et à réaliser la transition vers une agriculture numérique fondée sur les données. Pour réaliser ce deuxième programme, deux milliards de dollars seront mobilisés en partenariat avec Global Center for Adaptation, dans le portefeuille des investissements agricoles de la BAD. Le but étant d’attirer près de 25 millions de dollars supplémentaires dans la réalisation de l’initiative la Grande Muraille Verte.

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Dans le domaine agricole, le but est de faire face aux défis de la crise alimentaire qui continue de secouer cette partie de l’Afrique. Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM), dans tout le Sahel Central composé du Burkina Faso, du Niger, du Mali, le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire augmente régulièrement à mesure que la crise s’aggrave, affectant 1,3 millions de personnes au Mali et 2 millions de personnes au Niger en 2020. Dans le cadre de l’aide humanitaire, plus de 1,7 milliard de dollars a été annoncé pour ces pays du centre du Sahel par 24 gouvernements et donateurs institutionnels conjointement, (ONU, l’Union Européenne et pays membres) à l’issue d’une conférence desdits donateurs.

Sur le terrain, la région du Sahel continue de faire face au quotidien à de nombreux défis. Il y a d’abord, la crise alimentaire qui se traduit à travers la famine, le manque d’activités agricoles, la qualité des terres, le déficit en importations et exportations avec la fermeture des frontières due à la Covid-19. Aussi, elle est en proie à la crise sanitaire liée la pandémie actuelle de Coronavirus, qui avance avec des pertes en vies humaines et les crédits bancaires.

1,3 millions de personnes dans l’extrême pauvreté

Selon le Directeur général des Opérations de la Banque mondiale, Axel Van Trotsenburg, «outre son bilan humain, la COVID-19 provoque la plus grave récession que le Sahel ait connue depuis l’indépendance et plonge 1,3 million de personnes de plus dans l’extrême pauvreté».

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La Banque mondiale a donc décidé, depuis l’année dernière, de mobiliser 8,5 milliards de dollars pour les exercices 2021-2023, au profit des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad). Domaine d’intervention : le climat, le capital humain et les infrastructures. Objectifs : relancer les économies et réduire la pauvreté desdits pays ; donner des perspectives d’avenir et du travail aux 1,4 millions de jeunes qui y entrent sur le marché du travail chaque année, et couper ainsi l’herbe aux pieds des groupes djihadistes et des bandes armées qui y font leur marché.

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