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Flavien Kouatcha : « j’ai agrandi mon réseau en rencontrant des centaines d’autres entrepreneurs des 54 pays africains »

Le start-upper camerounais, ingénieur généraliste, diplômé de l’institut UCAC-ICAM et Directeur général de l’entreprise « Save Our Agriculture », une entreprise spécialisée dans l’agriculture et l’aquaponie, raconte son parcours d’entrepreneur. A 32 ans, il est aussi le patron de Organiz Agency, une agence de communication spécialisée dans les relations Publiques.

by Madeleine Maxime Kana

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Crédit Photo sputnik france
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En 2020, vous avez participé au programme Young Leaders Afrique-France avec votre projet agricole « Save Our Agriculture », spécialisé dans le domaine de l’aquaponie. Racontez-nous cette expérience.

J’avais été sélectionné pour le Programme Young Leader Afrique France, mais je n’y ai pas participé en raison d’un programme chargé au Cameroun. En 2017 par contre, j’ai été à Mandela Washington Fellow et je pourrais plutôt vous parler de cette expérience, qui était l’une des plus intéressantes que j’ai vécue en tant qu’entrepreneur. Il s’agit d’un programme porté par le Département d’État Américain, qui consiste à envoyer dans les plus prestigieuses écoles américaines 1000 jeunes leaders africains. En 2017, j’ai été sélectionné et placé au sein de la faculté de sciences agricoles de Okhlahoma State University. Pendant 3 mois, nous avons suivi des formations avec les meilleurs professeurs du pays. J’ai eu l’occasion d’affiner mon projet d’aquaponie et de l’exposer à des entrepreneurs de renom qui m’ont donné leur feedback et des conseils pour le lancer plus facilement. Par ailleurs, j’ai valablement agrandi mon réseau en rencontrant des centaines d’autres entrepreneurs des 54 pays africains dont bon nombre dans l’agriculture comme moi.

Quelles sont les missions de votre start-up agricole ?

Notre entreprise « Save Our Agriculture » a été mise sur pieds en Juin 2017. Nous fabriquons et commercialisons des kits aquaponiques qui permettent à des particuliers et professionnels de cultiver des légumes biologiques en se servant de déjections de poissons comme engrais naturel. Nous souhaitons vulgariser ce mode de culture qui permet d’avoir de meilleurs rendements en utilisant très peu d’eau sur des espaces réduits.

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Dans quel domaine de l’aquaponie intervenez-vous et quelle est votre capacité de production ?

Nous intervenons aujourd’hui dans toute la chaîne puisque nous fabriquons des kits clés en main. Cependant, nous segmenterons progressivement notre intervention au fur et à mesure que des partenaires se joindront à l’initiative.

Cette startup est-elle rentable ?

Aujourd’hui, notre entreprise n’est pas encore rentable. C’est tout à fait normal lorsqu’on fait du marketing de l’innovation. Nous travaillons plus à vulgariser ce que nous faisons, pour convaincre les gens de nous rejoindre. Non pas pour dire que le chiffre d’affaires n’est pas un indicateur mais il ne nous importe pas autant que le nombre de kits vendus et les retours actionnables que nous avons.

Quel est votre chiffre d’affaire justement?

Nous préférons le garder discret car cela nous a causé quelques soucis dans le passé

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Etes-vous au moins  satisfait de vos résultats actuels ?

L’augmentation du nombre de nos clients est convaincante pour la suite du processus, et la passion de l’équipe qui m’accompagne.

Quelles opportunités offre cette initiative en terme d’emploi et de contribution au secteur agricole au Cameroun ?

En Afrique aujourd’hui, l’agriculture, qui a plus de 60 ans, cultive de très petites surfaces en utilisant des techniques rudimentaires. C’est donc normal que nous n’arrivons pas à combler le déficit alimentaire qui se ressent de plus en plus avec les années. Chaque jeune qui acquiert un kit aquaponique peut dès lors cultiver les légumes et élever des poissons sur de très petites surfaces, à partir même de 2 mètres carrés. C’est dire le nombre d’emplois inestimables que nous pouvons générer. Mais nous employons 18 personnes à temps plein à Save Our Agriculture.

Quelles sont les stratégies qui vous permettront d’atteindre vos objectifs ?

Dans les 3 prochains mois, nous allons mettre en place un mécanisme de paiement selon l’échéancier du client. Rares sont les clients qui commandent un produit qu’ils ne connaissent pas encore ou qu’ils n’ont jamais utilisé. Nous allons donc permettre aux clients de tester les kits aquaponiques avant de les acheter. Un peu comme du satisfait ou remboursé, nous le faisons parce que notre garantie de qualité nous met en sécurité, nous savons que les clients seront satisfaits.

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A quels défis faites-vous face dans cette activité ?

L’aquaponie est une activité qui demande plus d’investissement que l’agriculture conventionnelle donc il faut des investisseurs audacieux. Toutefois, nous sommes certains que ceux qui l’auront compris feront le futur de l’agriculture sur notre continent et dans le monde.

Quelles sont vos ambitions à court, à moyen et à long terme ?

À court terme, nous voulons dépasser la barre des 500 kits aquaponiques vendus. À moyen terme, nous voulons opérationnaliser notre programme de formation des jeunes en aquaponie en partenariat avec le ministère de la Jeunesse du Cameroun. À long terme, nous espérons construire une usine de fabrication de kits aquaponiques qui alimentera la sous-région.

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