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Côte d’Ivoire : des perspectives à moyen terme favorables, en dépit des risques baissiers

Alors que le crédit à l’économie a progressé à un rythme soutenu de 11,3% en 2018, le FMI , dont une équipe a séjourné en Côte d’Ivoire du 14 au 27 mai 2019, révèle que  la baisse des exportations en valeur

by Cyriaque Coulibaly

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Alors que le crédit à l’économie a progressé à un rythme soutenu de 11,3% en 2018, le FMI , dont une équipe a séjourné en Côte d’Ivoire du 14 au 27 mai 2019, révèle que  la baisse des exportations en valeur, notamment liée à des cours du cacao sensiblement détériorés,  et le renchérissement des cours du pétrole en 2018, ont augmenté le déficit du compte courant extérieur à 4,7% du PIB.

« Sur la base des résultats préliminaires, la croissance est restée forte en Côte d’Ivoire  et le PIB a augmenté de 7,4% l’an dernier soutenu par une forte demande interne. L’inflation est restée faible à environ 0,4%, bien en dessous de la norme de 3% de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA)». Propos de Céline Allard à la fin d’une mission du  Fonds monétaire international (FMI) à Abidjan du 14 au 27 mars 2019 pour mener les discussions sur la cinquième revue du programme économique et financier triennal soutenu par le FMI grâce à des accords conclus dans le cadre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et du Mécanisme Elargi de Crédit (MEDC). Dans un communiqué du 27 mars 2019, la cheffe de la mission du FMI  en Côte d’Ivoire  renseigne que la mission du FMI et les autorités sont arrivées à un accord au niveau des services sur la cinquième revue du programme appuyé par les accords FEC et MEDC, sous réserve de son approbation par la direction du FMI et du Conseil d’administration. L’examen par le Conseil d’Administration pourrait intervenir en juin 2019, apprend-on.

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D’après Céline Allard, le crédit à l’économie a progressé à un rythme soutenu de 11,3% en 2018. « Cependant, la baisse des exportations en valeur, notamment liée à des cours du cacao sensiblement détériorés,  et le renchérissement des cours du pétrole en 2018, ont augmenté le déficit du compte courant extérieur à 4,7% du PIB », relève-t-elle. Quant aux perspectives à moyen terme, elles sont favorables mais toutefois sujettes à des risques baissiers. A en croire les experts du Fonds, l’activité économique devrait rester soutenue en 2019 et les perspectives à moyen terme confirment la poursuite d’une croissance robuste ; même si des risques persistent. Ceux-ci sont, apprend-on, liés  au rythme plus lent que prévu de la mobilisation des recettes, aux termes de l’échange défavorables et au resserrement des conditions financières internationales. S’agissant de l’’inflation, elle devrait rester bien au-dessous de la norme communautaire. Pour ce qui est du déficit budgétaire, le FMI soutient qu’il devrait atteindre 3% du PIB en 2019, conformément à la norme de convergence au niveau de l’UEMOA ainsi qu’aux objectifs du programme.

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La cheffe de la mission du FMI en Côte d’Ivoire révèle par ailleurs que  les performances du programme soutenu par le FMI ont été satisfaisantes en 2018. « Tous les critères de performance et tous les repères indicatifs, à l’exception d’un seul, ont été respectés à fin décembre 2018. Presque tous les repères structurels ont également été atteints. Le déficit budgétaire s’est situé à 4% du PIB en 2018 conformément aux objectifs du programme malgré un léger manque à gagner sur les recettes qui a été compensé par une révision à la baisse des investissements publics », indique-t-elle, avec force.

 

Nécessaire accélération des  réformes

L’équipe du FMI et les autorités ont convenu de la nécessité d’accélérer les réformes essentielles. Tout comme les deux parties se sont également accordées sur l’indispensable augmentation des recettes dans la création des marges budgétaires nécessaire à l’accroissement des dépenses prioritaires et au maintien de la capacité à rembourser la dette. Enfin, la mission a noté les mesures prises pour atténuer les risques budgétaires en finalisant la restructuration de la raffinerie nationale et en poursuivant la restructuration des banques publiques. Elle est d’ailleurs convaincue de ce que la mise en œuvre des nouvelles réglementations prudentielles conformes aux principes de Bâle II / III contribuera à renforcer la stabilité du secteur bancaire. Enfin, la mission et les autorités ont convenu que le programme de transformation économique de la Côte d’Ivoire continue à bien progresser. Avant de quitter la Côte d’Ivoire fin mars 2019, la mission a été reçue en audience par les plus hautes autorités du pays.

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